UA-113291451-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Argentine, de Buenos Aires à la Patagonie - Page 6

  • Un mois et pas un seul mot

     

    C’est exagéré. C’est à réparer.

    Ce n’était pas vraiment de ma faute, plutôt celle du temps trop occupé à courir

    Et moi dedans !

    Le temps distendu surtout la nuit, où tout se transforme estival

    En bavardage sous-sidéral, en danse d’écrin, en Quilmès en gauche,

    En Stella à droite, le temps d’un monde plus jeune,

    Charlar, j’adore ce mot, qui n’appartient ni à Charles ni à Pablo,

    Le mot des mots qui se bousculent.

    Le temps du soleil de midi, et marcher à travers prés100_2532.JPG

    Sous le regard giratoire de la hulotte bientôt affolée,

    A l’ombre de l’arbre, s’asseoir pour boire un maté,

    Ce qui résonne n’est pas Piazzola, c’est un étendard de la modernité,

    Et encore une fois, si je l’ose, c’est chouette…

    Il y a des vagues puissantes et des jeux et des rires

    Et de la musique à n’en plus finir, rien n’est préjudiciable,

    Il faut garder le visage bien droit dans le vent

    Pour compter un, deux, trois…

    Beaucoup plus d’amants que de coupables.

    Dans les bateaux qui balancent sur le delta, 101_0040.JPG

    On se laisse porter et regarder les dons égarés là

    Une dernière fois marcher sous la voûte des arbres

    S’arrêter un moment et sentir le jazz

    Tant de pas, tant de pas,

    Pas de deux.

    Toujours le temps de l’innocence est trop court.

    Nous sommes lucide incandescence

    100_2507.JPG

  • Et apres ?


    SDC11931.JPGNous avons ces deux derniers jours atteint 1000 bouts du monde. Nous avons traverse du nord au sud, du sud au nord, la Quebrada hallucinante avec ses stries ocres, rouges, roses, violettes, jaunes, bleues, vertes; ses roches pliees, recourbees, incurvees par les mains d'un savant ordonateur ou celle d'une cuisiniere en pleine pate feuilletee...

    Terre douce et brulante, terre d'onyx, terre de fer, terre de sediments, terre de cuivre, terre de corails ?

    Villages perdus (ah Iruya!), accroches a des flancs d'eboulis, au bout de routes impossibles, des lacets a n'en plus finir, des cols a plus de 4000 metres (mais l'on verifie et l'on respire encore), des champs de rocailles.

    SDC12033.JPG
    des arbres danseurs nus agitent des branches depuis longtemps sans bourgeons dans des torrents a sec
    des cactus au sommet des montagnes retiennent des nuages a leurs filets
    des forteresses pre-incas defient des assaillants invisibles
    des enfants insouciants jouent dans les rues pavees de villages inaccessibles (ou quasi)
    leurs cris reveillent la vallee, rappellent avec insistance ce que c'est qu'etre en vie
    des anes silencieux portent des hommes, relient des montagnes, des eglises, et traversent a gue des ruisseaux assagis, relient des hommes

     

    SDC12061.JPGSoleil fracassant, soleil acharne, en haut les condors passent tres pres
    Canyon aux profondeurs inimaginables
    Vertige


    Puis vint un autre bout du monde, fascinant et inquietant, a travers la Puna du Nord. Nous avons quitte Humahuaca pour rallier la Quiaca, ville frontiere avec la Bolivie. Le soleil tombe tres vite sur ces paysages de plaines d'altitude.

    Derriere les Andes au loin, l'horizon est comme en feu et les nuages au-dessus, lourds et tranperses par les rayons, preparent bientot leur revanche. Il fait bientot nuit noire, mais pas une etoile. Le ciel est bas, a tendre le bras par la fenetre du bus, je vous jure qu'on pourrait le toucher.

     

    SDC12118.JPGEt bientot se declenche un fabuleux orage electrique. Pendant pres d'une heure, au-dessus de cette route qui semble nous emmener dans des contrees inexplorees, le ciel se dechaine. Il ne pleut pas, c'est juste une incroyable lumiere blanche qui irradie et parfois de violents eclairs viennent toucher le sol. Quand nous arrivons a la Quiaca dans cette atmosphere d'apocalypse, nous nous retrouvons nez a nez avec des groupes nombreux d'Andins, charges de baggages dont on se demande comment ils peuvent les porter, assis par terre dans leurs tenues traditionnelles, attendant un bus... ou la fin du monde ?!

    Ville frontiere, ville passage, personne n'appartient vraiment a ce lieu; nous sommes tous des fantomes errants.

    Ce matin, nous traversons la frontiere a pied. Nous voici a Villazon, Bolivie.

     

     

    PS: pas facile de telecharger les photos depuis qqs jours, connexion tres lente. Il faudra attendre un peu avant d'en voir plus!

  • La faute a Cendrillon

    Nous sommes depuis 3 jours en Argentine, que nous avons rejointe par une autre route sublime parmi les sublimes (de San Pedro de Atacama a Salta). SDC11816.JPGApres 2 jours passes a Salta "la Linda", nous avons decide de partir a la decouverte des petits pueblos de la Quebrada de Humahuaca, sur la route menant en Bolivie. Hier, nous prenons donc un bus avec la ferme intention de nous arreter a Purmamarca, 1000 âmes et beaucoup de touristes. Le village est tres celebre pour sa montagne aux 7 couleurs. A 15h30, nous prenons le bus a Salta. Celui-ci est censé nous laisser a un croisement a 4 kms du village, de la on nous a indique qu'il etait tres facile de prendre un taxi. Le temps passe, au bout de 2h nous depassons Jujuy, Daphne est plongee dans les Femmes puissantes, moi dans Pagina 12... et bientot de concert nous regardons sur la tele du colectivo un Cendrillon moderne pour midinettes, le bus continue de rouler. Nous voyons soudain la pancarte Purmamarca, mais pas vraiment de croisement, donc pas d'inquietude (en plus, on veut voir la fin du film!). Et puis, quelque 20 minutes plus tard, le bus s'arrete au bord d'une route le long de laquelle on distingue 2-3 maisons, on se dit bingo et on descend du bus...

    Sauf qu'au pied du bus, le chauffeur nous apprend qu'on a deja depasse Purmamarca. Une solution señor ? Prendre un bus public dans le sens inverse. L'arret est juste en face, ils passent toutes les demi-heures. Bon, bon, il est 19h30, nous n'avons pas de reservation d'hotel, ca serait bien que ce bus ne tarde pas. Une jeune femme quechua attend avec nous et nous indique qu'effectivement un bus est cense arriver, mais a 20h toujours rien et il fait desormais nuit. On se demande un peu ou on est; on voit quelques personnes passees a pied puis bientot plus grand monde. Comme il y a aussi des "remiss" (sorte de taxi local) qui passent, on essaie d'en heler un certain nombre mais aucun ne s'arrete. Finalement, quelqu'un nous indique que l'arret pour les remiss est plus loin sur la route. On traverse alors le village, Maimara... ouhhhh, des maisons abandonnees, des jeunes alcoolisees qui nous interpellent, un cheval, des restos et hostels desaffectes, on a vraiment atteint le far west argentin !! Et autant dire que dans ce village quechua, tout le monde a l'air de se demander ce que 2 jeunes femmes bourlingueuses font en pleine nuit sur le trottoir!

    A 20h30 enfin surgit un bus plein comme une bombonniere, autant dire qu'avec nos "mochillas" (sacs a dos) devant, derriere et nos sacs plastiques de romanichelles, il n'y a pas moyen une seconde de s'y glisser. Deja on s'imagine dormir dans l'abri bus de Maimara :-) Finalement a 21h, un remiss passe, on l'a deja croise plusieurs fois et il nous a dit qu'il ne desservait que Tilcara... Eh bien va, nous dormirons a Tilcara ! Nous y arrivons environ 20 minutes plus tard et apres quelques instants de negociation, nous faisons tomber avec soulagement nos sacs dans le tres charmant hotel de Gustavo, Uwa Wasi.

    Finalement vers 22h, nous partons au resto, car nous le meritons! Nous y rencontrons Eduardo, un tout jeune homme d'environ 80 ans ! et le convions a notre table. C'est un personnage ! Fonctionnaire dans le gouvernement de Raul Alfonsin, premier president elu de maniere democratique (1983-1989) apres la dictature militaire, il adore Cuba et a eu l'occasion de discuter avec Fidel lors de rencontres officielles. Il a aussi recu une medaille avec la Croix de Lorraine de la part de l'ambassadeur de France pour son soutien au Comité de Gaulle en 1944-1945, il avait alors 13 ans! Nous avons ainsi droit a plein d'anecdotes savoureuses et pour finir, il insiste pour nous inviter a diner... et bien voila, l'Argentine est toujours aussi delicieuse :-)

    SDC11847.JPGEt par le plus grand des hasards, nous retombons nez a nez sur le meme Eduardo ce matin dans un endroit pour le moins original : l'hopital. Daphne avait une furieuse envie de comparer les hostos argentins avec les camerounais qu'elle avait frequentes... ah sacree Daphne qui a ameute l'hotel ce matin aux aurores (enfin 9h, c'est ce que nous appelons l'aurore ici :-) Pour finir, une cure de sel, d'eau, et ca devrait aller !! Pourtant je lui dis sans arret de boire (Ah ?? le vin, ca marche pas pour l'hydratation ?). Quant a Eduardo, il a lui une petite hausse de tension, on se quitte par un dernier abrazo. A nous Tilcara, sa forteresse pré-inca, ses paysages defiant l'imagination...

     

  • No me gusto...Me encanto

    J'ai vu des montagnes effilees qui se refletaient dans des lacs turquoise
    Des iles comme des coeurs, des lacs comme des tigres,
    Isla Piuke, Lago Nahuel Huapi,
    Des oiseaux gigantesques survoler des sommets sans neige,
    Des glaciers noirs a force de cendre,
    Des neiges verticales sur des rochers vacillants,
    Des chevaux sauvages les pieds dans l'eau apres la tempete,
    Tendant l'oreille au pied du Tronador
    Pour s'assurer que le tonnerre continue de tonner
    Le glacier de se briser s'effondrer en contrebas
    Bientot la lagune retrouvera sa couleur perdue.

    SDC10462.JPG

     

     

     

     

     

    J'ai vu des terres arides qui se demandaient si la pluie reviendrait,
    Des villages perdus sous des nuages plus vastes que le ciel,
    Des couchers de soleil plus dores encore que les mosaiques dorees des eglises byzantines,
    Et parfois plus roses, plus rouges, plus tendres que l'herbe humide a l'aube.

    SDC10570.JPGJ'ai vu un baleineau jouer avec sa mere, improviser une choregraphie repetee,
    Se mettre sur le flanc, battre de l'aile, puis sur le dos, et rapidement s'enfoncer dans l'eau,
    Et nous faire croire qu'il peut etre une sirene. Bientot sortir de l'eau, oh qu'il est difficile le saut de l'ange
    Sans les ailes,
    Des elephants de mer paresseux paresser face a l'Atlantique, Peninsule Valdes,
    La mer est trop belle pour y croire, l'elephant possede sur son harem de 200 vahines un pouvoir bien etrange, mais elles tiennent leur revanche, elles vivent 60 ans,
    Il peine a atteindre 20. Cette vie, c'est trop de sacrifices :-)SDC10623.JPG
    Et des pingouins de Magellan qui passent leur temps a rire
    Meme quand le vent nous frigorifie. Surtout.

    J'ai passe des heures a rencontrer, a rire, a boire, a deguster, a palabrer,
    Des voyageurs, des cometes, des passants qui vont rester,
    Des amis...


    SDC10813.JPG

     

    Capitale,
    J'ai passe des heures a flaner-deambuler,
    San Telmo, Palermo, Vicente Lopez,
    Recoleta, Puerto Madera, La Boca...
    Et le tango sous les yeux si ceci restait a clarifier.


    Et je ne sais pas si je peux quitter Buenos Aires sans pleurer.
    ¿Che, lo sabes ?



    PS: Je quitte Buenos Aires lundi pour Santiago du Chili.
    Daphne, sache que je me rejouis de t'y retrouver!

     

     

  • Ne plus savoir où planter ses yeux

    J'ai battu mon record la nuit derniere... 18h de bus pour aller de Mendoza a Bariloche...
    Et une sublime "recompense" au cours des 4 dernieres heures. La route de Neuquen a Bariloche est sans aucun doute la plus belle route que j'aie jamais empruntee (jusqu'ici!). Pas une ombre d'homme, des rochers aigus, tranchants, un environnement rude, tres sec, mais d'une vraie beaute sauvage, des lacs d'un bleu plus roi que le manteau de ceremonie de Louis XIV, quelques sapins qui viennent colorer les flancs de montagne, les rives de lacs, et toujours au loin ces Andes blanches gracieuses scrutatrices des camaieux d'ocre, rouge, brun, vert clair, vert fonce, indigo, ces formes etranges dont on se demande qui les a taillees. Ma langue s'y perd et je pense a tous ceux qui partent trop tôt...

    (je ne suis pas sure que mes photos rendent justice a ces paysages somptueux, mais bon...)

    SDC10262.JPG
    SDC10266.JPG
    SDC10270.JPG
    SDC10290.JPG
    SDC10300.JPG
    SDC10306.JPG
    SDC10269.JPG
    SDC10314.JPG
     
    SDC10324.JPG
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    A Bariloche, sur les rives du lac, avec Ilan, un ami rencontre a Mendoza

    SDC10337.JPG
    SDC10340.JPG
    SDC10349.JPG