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Argentine, de Buenos Aires à la Patagonie

  • Lifting de printemps pour Ventana Abierta !

    Voilà 6 ans que le blog existait, sans la moindre petite retouche design ! Voilà donc un peu de modernité pour fêter l'arrivée du printemps en Argentine :-) Et comme ce moment coïncide avec mon retour de voyage de Patagonie, je vous livre quelques clichés d'un périple qui nous a menés de Bariloche à San Martin de los Andes, en passant par Villa la Angostura... Des détours au Parc Lanin et à Villa Traful nous ont émerveillés !

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  • L'école des Beaux-Arts à Buenos Aires... en 2 événements mondains !

    La semaine dernière, par le plus grand des hasards, nous avons été invités à deux réceptions dans deux bâtiments symboliques de l’influence architecturale française en Argentine… tous deux construits par les mêmes architectes, Paul Pater et Louis Dubois.

     

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  • Des mines d'or et des photos en pagaille !

    J'ai un peu délaissé le blog, pour cause de beaucoup de travail, mais aussi parce que je préparais un dossier pour mon autre blog, consacré aux mines d'or en Argentine

    Très épineux et intéressant sujet ! L'Argentine regorge de ressources naturelles, sur lesquelles des multinationales de l'industrie minière ont depuis longtemps fait main basse. Lors de notre voyage à San Juan et La Rioja, aux pieds de la Cordillère, nous sommes passés par plusieurs sites ou villages (Famatina et Rodeo en particulier), où la question des méga-mines est régulièrement soulevée. 

    Les mines d'or du nord argentin drainent avec elles de nombreuses malédictions : eaux polluées par le cyanure, assèchement des rivières, destruction des montagnes et des glacier, faune en danger...

    La société civile se mobilise, parfois avec succès, mais pour combien de temps ?

    L'après-élection (présidentielles en fin d'année) pourrait s'avérer désastreux. 

    Pour en savoir plus, c'est par là : http://chroniquesdebuenosaires.hautetfort.com/archive/2015/05/07/rodeo-ou-la-malediction-de-l-or-5617629.html

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    Et sinon, sans transition, comme je suis depuis 3 ou 4 mois l'heureuse détentrice d'un smartphone, je publie désormais assez régulièrement des photos sur le réseau Instagram !

    Alors, pour voir de temps à autre les photos, c'est par ici : https://instagram.com/isa_dans_la_lune/

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  • Bienvenue dans l'oasis de Rodeo (San Juan)

    Une dernière soirée sympathique avec Lidoro et son fils à l’hôtel Yoma, puis nous reprenons la route direction Rodeo. Cette partie du voyage est assez improvisée. J’avais bien repéré cette petite ville sur la carte, mais nous n’avions pas d’idée précise sur ce que nous voulions faire. Finalement je convaincs Igor, car nous voyons que le lac de barrage de Rodeo regorge de pejerrey, un poisson très convoité par les pêcheurs.

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    Là encore, nous passons par des routes incroyables. Au sud de Huaco, la route 40 offre au détour d’une montagne une vue imprenable sur des montagnes rouges, au milieu desquelles serpente une rivière miraculeuse. Tout ici n’est qu’oasis en terre aride. Se succèdent ensuite des routes entourées d’eucalyptus centenaires, avant que ne commence la route 150 qui mène de Jachal à Rodeo. Là le paysage devient proprement lunaire. Des montagnes noires où le vent a tout asséché, pas une seule plante, un lit de fleuve où depuis longtemps l’eau a cessé de couler. La chaleur semble irrespirable. Et pourtant lorsque l’on s’arrête en bord de route, un vent agréable nous surprend. Il fait chaud, mais c’est supportable. On devine pourtant qu’en plein été, ici l’homme n’est pas à sa place. Seul un filet d'eau qui passe en bas laisse encore quelques raisons d'espérer que la vie peut ici continuer. Un panneau nous annonce bientôt que nous rentrons dans le département d’Iglesia en 1753.

     

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    Encore quelques kilomètres et soudain le lac aux eaux azur s’offre à nos yeux. Cuesta del Viento est un lieu étrange, une immense étendue bleue qui surprend après une route tortueuse où rien ne semble pouvoir survivre. Et pourtant là encore, voilà une oasis. Les peupliers ont été plantés par milliers ; tout autour a poussé la ville de Rodeo. Le lac de barrage lui n’est apparu qu’en 1986 ; au fond est désormais englouti un petit village depuis longtemps de tous oublié.

     

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    Pendant près d’une heure, nous cherchons une cabane au milieu des peupliers, mais il semble que tous les propriétaires soient absents et aient laissé leurs cabanes sans administrateur. Enfin, nous nous présentons au Viejo Carreton. Parfois vraiment, vos pas vous conduisent tout seuls au bon endroit. Un immense parc, des lamas, des paons, des lièvres de Patagonie, un potager à la disposition des visiteurs, des chèvres, des parrillas qui n’attendent que le barbecue et une chambre au confort 5 étoiles. Le matin, le soleil donne sur la terrasse pour un petit-déjeuner baigné de lumière.

     

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    On aurait envie de rester là une semaine ; lire des livres, se reposer, marcher près du lac, écouter les chants venus d’un autre âge, des peuples perdus…

    Mais de fil en aiguille, on apprend qu’il faut se méfier des apparences idylliques. Le gouvernement local bloque le développement touristique de la région, car ici, ce qui prime… c’est l’or. Les montagnes de San Juan comme celles de la Rioja recèlent de matières précieuses, une vraie malédiction. Des multinationales millionnaires ont depuis longtemps tout acheté. Elles versent d’énormes pots-de-vin aux gouvernements locaux et exploitent tranquillement des gisements phénoménaux, sans qu’aucune retombée ne profite aux régions concernées. Triste scénario des pays en développement… et après on se demande qui sont les pires escrocs en ce bas monde.

     

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    Notre séjour à Rodeo est aussi marqué par une roue crevée… heureusement elle ne se dégonfle que dans le village, car nous aurions eu l’air malin sur les routes de montagne, sans aucune visibilité et avec une voiture inopérante ! Finalement, en à peine 1h la roue de secours est installée, puis l’ancienne roue réparée chez un gomero. On trouve dans notre pneu deux énormes clous… on se demande si nous n’avons pas été victimes d’un geste un peu malveillant. En tout cas, rien de grave !

     

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    Le dernier soir, nous nous préparons un bon asado, on regarde les étoiles et on profite d’une nuit au calme de la pré-cordillère ! Nos vacances touchent bientôt à leur fin.

  • En route pour Laguna Brava

    Après avoir quitté Talampaya en fin d’après-midi, nous avons pris la direction de San José de Vinchina, quelque 130 kms au nord. Vinchina est un petit village tranquille où autrefois passaient les « arrieros » qui convoyaient les vaches vendues au Chili. Il faut s’imaginer la traversée des Andes à pied !

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    Le village est constitué d’une seule rue principale qui s’étend sur… 13 km ! Tout au long de cette rue, différents commerces avaient émergé petit à petit pour satisfaire les besoins des arrieros. Commerces en tous genres, artisans, etc. Aujourd’hui ce passé très actif n’est plus qu’un très loin souvenir. Le village ici aussi ressemble plus à une cité endormie. Le paysage y est cependant toujours aussi magnifique, avec d’un côté la Famatina, et de l’autre les montagnes de la Quebrada de la Troya.

     

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    Si nous avons choisi d’aller à Vinchina, c’est parce qu’il s’agit d’un des points de départ de l’excursion à la Laguna Brava. Cette lagune salée se situe à 4300 mètres d’altitude (tout au nord de la réserve San Guillermo). Petit trésor méconnu de l’Argentine, la route vers la lagune offre encore une fois des paysages stupéfiants au milieu de montagnes de 1000 couleurs. Guanacos et vigognes se promènent à leur rythme et observent d’un œil inquiet les quelques voitures qui troublent leur tranquillité.

    Enfin nous n’y sommes pas encore ! Arrivés à 21H à Vinchina, nous sommes allés directement à la Coopérative de la Laguna Brava pour réserver notre excursion pour le lendemain. Une petite dizaine de guides locaux se sont regroupés pour créer cette coopérative, qui offrent les meilleures visites de la lagune, tant les guides ont un niveau de connaissance parfait de leur région.

     

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    Nous avons ensuite déposé nos bagages à l’hôtel Yoma, où nous attendaient Lidoro et son fils Omar. Lidoro est un personnage ! Il a 84 ans, est né en Argentine de parents fraîchement arrivés de Syrie. La Rioja est en effet l’une des régions du pays où la communauté syrienne a élu domicile. C’est d’ailleurs de là que venait Carlos Menem le président argentin d’origine syrienne, qui a conduit à la ruine du pays en 2001 !

    La rue principale de Vinchina porte même le nom de Menem… Et on peut se demander combien de rues Menem existent encore dans le pays.

    Lidoro nous raconte que Zulema Menem, la très célèbre ex-femme du président, est d’ailleurs sa cousine. On a du mal à imaginer que ce petit monsieur dans ses vêtements élimés, mais à l’œil très vif !, ait pu être proche de la présidence. Pendant les 2 jours de notre séjour à l’hôtel Yoma, nous apprendrons que Lidoro est un des commerçants principaux de Vinchina ! Fondateur du premier supermarché de la ville il y a plus de 50 ans, il a ensuite ouvert cet hôtel dans la maison même qu’avaient acquise ses parents à leur installation en Argentine. Il possède également plusieurs hectares de vignes et son fils est le distributeur officiel de gaz dans la région. Quand on dit que la communauté syrienne a le sens du commerce… !

    Nous nous couchons tôt pour être d’attaque le lendemain pour la journée d’excursion. Nous sommes 4 voitures et Luis, le guide, monte avec nous. Notre « caravane » communique par talkie-walkie. Natif de Vinchina, Luis nous confie qu’il se désole de voir que la vie du village est désormais uniquement guidée par le « Plan Descansar » (> plan « Se reposer ») ; nom parodique en référence aux différents programmes sociaux mis en place par le gouvernement. Pour lui, les différents programmes de subvention ont tout simplement détruit les capacités productives à l’intérieur des provinces. La plupart des gens préfèrent toucher son chèque mensuel plutôt que de mettre la terre en valeur, ou de lancer des micro-entreprises artisanales ou encore de services. On le sent assez amer, mais en même temps, lui vit sa passion… la Cordillère !

     

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    Tout au long des 4h d’ascension sur les routes incroyables (d’ailleurs empruntées par le Dakar, dont Luis a une piètre opinion ; pour lui, le rallye ne contribue en rien au développement des régions), notre guide nous raconte les grandes migrations d’autrefois entre l’Argentine et le Chili, et le marché de la viande d’autrefois ; il nous détaille toutes les particularités géologiques de la région, les ressources naturelles (IMMENSES… mais pillées par tous ceux qui peuvent piller ; élites politiques locales, multinationales étrangères) ; nous explique la faune et la flore locales. Il est passionnant !

     

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    Nous arrivons vers 14H à notre destination à 4300 mètres d’altitude ! La vision de la Laguna cernée de montagnes enneigées est magnifique, et nous avons une chance incroyable avec le temps. Ciel d’un bleu intense, à peine un souffle de vent ; il fait 11°, une chaleur quasi-tropicale pour cette altitude ! Et surtout, nous avons la chance de voir ces montagnes toutes blanches. Il a neigé une semaine avant… une tempête arrivée très tôt dans la saison ; il ne neige généralement qu’à partir de juin.

     

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    On s’en met plein les mirettes :-)

    Même si la Laguna Brava n’est pas aussi impressionnante que le Salar d’Uyuni en Bolivie, elle vaut réellement le détour, pour sa magnifique route d’accès et pour tout ce qu’elle dit de l’histoire de l’Argentine (y compris sur les Indiens qui y ont vécu). Immanquable donc !

     

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