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inde

  • Detours indiens - Impression VIII

    Les Indiennes se couvrent d'or : bracelets, colliers, boucles d'oreilles, rien ne brille assez !

    Les bijoux sont lourds et charges, mais non sans elegance.

    Pour rire, a Allepey, nous rentrons dans la tres fastueuse boutique de Jos Alukkas, une chaine de bijouterie haut de gamme. Garde a l'entree, personnel d'accueil, armee de vendeurs en uniforme... Nous observons les joyaux aux prix bien asaisonnes, et si nous repartons bien sur les mains vides, il n'en va pas de meme de nombreuses Indiennes, dont les maris sortent des liasses de billets sur le comptoir.

    Et ils ont bien raison...

    Leurs femmes portent sur elles des fortunes en pleine croissance ! Chaque jour, les journaux que nous lisons s'enthousiasment pour la flambee des cours de l'or.
    C'est bien connu, toute femme est un tresor. 

    Allepey, 19 aout 2011

  • Detours indiens - Impression VII

    "Revolootion"

    A la gare de Varkala, en partance pour Allepey, j'achete une revue indienne intitulee "The week". Un editorial attire notre attention. La journaliste y suggere qu'avant toutes choses, l'Inde doit proceder a une revolution... des toilettes publiques !

    Et en effet, ce programme d'action tres concret nous parait une excellente idee ! Combien de fois dans les villes que nous traversons, une epouvantable odeur d'urine nous agresse les narines ! Les hommes n'eprouvent apparemment aucune vergogne a se soulager ou bon leur semble. Si l'on en croit l'article, cela tient en grande partie du fait que les toilettes publiques -quand elles existent !- ne sont absolument pas entretenues, ce qui incite a trouver d'autres solutions moins hygieniques.

    Et si l'on devait proposer les 2e et 3e phases  a cette revolution, ce serait :
    a) l'instauration de poubelles dans les lieux publics. Les tas d'immondices dans les rues sont d'une triviale banalite; et que dire du comportement de nos voisins du train ? En sleeper class, tous les passagers jettent allegrement leurs dechets par la fenetre !resue

    b) la suppression des emballages inutiles et non-degradables. Dans un pays a la population si nombreuse, il n'est simplement pas possible de distribuer a tout va des sacs plastiques et de vendre des produits dans des conditionnements voues a etre jetes dans la minute. 

    C'etait le coup de gueule du jour !

     

    Allepey, 18 aout 2011

  • Detours indiens - Impression V

    15 aout ! Inde-pendance !

    Partout dans les rues de Kanyakumari, les drapeaux orange, blanc et vert flottent au vent, tandis qu'une foule innombrable d'Indiens envahit les ruelles, le temple, et la plage de ce bout du monde, tous ou presque arborant sur la chemise ou le sari la banniere nationale, fier etendard de la liberation du joug anglais.

    Kanyakumari, "Cap Comorin", les Indiens te venerent, endroit mythique, pointe du sous-continent, lieu de rencontre de 3 oceans, le Golfe du Bengale, l'Ocean Indien et la mer d'Arabie.

    Ce ne sont peut-etre pas les 40e rugissants, mais ces trois-la dans leur rencontre cree deja une puissance spectaculaire. Des vagues enormes s'ecrasent sur de gros rochers de granit, l'ocean jaillit a plusieurs metres de haut dans un vacarme, pourquoi pas divin.

    Les touristes-pelerins viennent s'y baigner dans la limite du raisonnable, on ne joue pas avec ces elements-la!, de tous cotes les cris et les rires fusent, reflets de la joie du but atteint.

    Etre ici precisement aujourd'hui, c'est tout un symbole, car c'est ici ou les trois oceans sont en symbiose que Ghandi, pere de l'Independance, a souhaite que ses cendres soient dispersees et l'on se presse dans le memorial rose bon, completement chou a la creme, qui lui est dedie, pour revoir les etapes de la vie du grand homme, jusqu'a ce point d'orgue, 15 aout 1947, ou Lord Mountbatten ceda le pouvoir au peuple indien (dans la confusion, liee a la scission Inde-Pakistan).

    En ce jour ferie, Laure et moi decouvrons l'origine litterale de l'expression... file indienne ! Ils sont des milliers alignes, serpent sans fin, pour se rendre a un autre memorial, celui de Vinekananda, moine errant, penseur majeur qui a lutte sans relache contre le systeme des castes et pour une societe plus egalitaire (fin 19e - debut 20e), et qui avait egalement fait de Kanyakumari l'un de ses lieux de predilection.
    On se demande si les millions d'Indiens qui doivent se rendre ici chaque annee ont encore en tete les messages de Ghandi et de Vinekananda, car l'Inde du Sud que nous decouvrons Laure et moi, si elle nous seduit, nous semble cependant pour le moins conservatrice (mais l'immense sous-continent a bien sur 1000 facettes).

    Et puis, il y a le quartier des pecheurs, la, en contrebas des rues agitees, a 100 metres a peine de la foule, mais ou personne ne va, ce quartier qui a 8/9 heures du matin se preoccupe des taches quotidiennes, on fait sa toilette dehors a grands coups de jets ou sceaux d'eau, on s'assied a l'ombre pour reparer des filets...
    Mais ce n'est finalement pas dans les maisons que le quartier est le plus anime. C'est a la sortie de l'eglise blanche immaculee. Des enfants courent partout (les fillettes ont de longues robes blanches a froufrou) et rejoignent leurs jolis maisons toutes colorees. Sur le parvis de l'eglise un homme tenant dans ses bras sa petite-fille vient nous aborder. Il s'appelle Francois-Xavier, en hommage au saint venu s'installer dans cet extreme-sud de l"inde, voici quelques siecles. Est-ce son aura, son charisme, sa volonte acharnee ? En tout cas, ce dernier a entierement converti la communaute des pecheurs qui affiche encore aujourd'hui sur les facades des maisons et dans les interieurs entrouverts des images du Christ, de la vierge, ou du Saint aventurier, et entretient avec les Hindous ce qui semble etre les relations les plus cordiales.

    Kanyakumari, c'est un pic, c'est un cap, c'est la paix du Sud ;-)

     

    Kanyakumari, 15 aout 2011

  • Detours indiens - Impression II

    The Road Raja, le roi de la route

    Le chauffeur de bus indien est un etre a part,
    sans aucun doute la reincarnation d'un dieu
    ou d'un ascete beni par Shiva,
    car visiblement il se sent dote de pouvoirs particuliers...
    C'est ce que nous experimentons sur la route de Mamallapuram a Pondicherry.

    Durant l'heure et demie que dure le trajet,
    le chauffeur nous fait une demonstration de ... son talent ?
    sa confiance inebranlable ? son arrogante folie ?
    Il fonce comme un derate, arme de sa tres redoutable arme :
    le kla-xon !
    Et ca buzze et ca trompette a tout bout de champ,
    injonction peremptoire qui signifie pour tout autre usager de la route
    - automobiliste, cycliste, pieton, chauffeur de rickshaw, motard -
    " Degage, je suis plus gros que toi et je passerai sans scrupule!"

    Le message est entendu car apres 80 kms de route, de slaloms invraisemblables,
    de tanguage severe, nous finissons par arriver a bon port...

    Le meilleur remede pour eviter les sueurs froides, nous le savons desormais, est de s'installer tranquillement dans son fauteuil regarder par la fenetre, a gauche, a droite, mais jamais en face...

    Laissons au Road Raja ce soin-la.

    Et puis il y a deja tant a observer entre nos deux "escales", le defile des palmiers et cocotiers, les couleurs fauves des flamboyants et bougainvilles (qui n'ont pour seules rivales serieuses que les pancartes vives d'Aircel, Airtel et parfois Vodafone, qui s'egrenent tout au long de la route, dans les plus petits hameaux. Operateurs telephoniques, nouveaux nababs), les petites cahutes des paysans pauvres avec leur toit en feuilles de palmiers, les villages ou l'activite commercante comme en ville ne s'arrete jamais (parlons sans hesiter de frenesie de consommation indienne ?), les chapelles, les temples baroques et barioles des Hindous, et puis aussi la nature pour depotoir (c'est a se demander si l'on peut trouver le long de la route 1 m2 sans dechets).

    La vie qui s'exprime au bord et sur la route contraste etrangement avec l'ambiance du bus ou presque tous les Indiens sont assoupis. Mon voisin, comme le chauffeur du bus, a une arme. Cette fois, non pas un truc qui fait un boucan du diable, mais une vraie... Il tient dans sa main gauche appuyee a la fenetre, sagement, une mitraillette. Precisons toutefois qu'il porte un uniforme, ce qui rassure sur ses intentions :-)

    Il y a aussi a l'avant du bus, au debut de la rangee, une jeune femme voilee de noir, recroquevillee par terre, a cote de ses paquets. Elle passe 1h30 dans cette position incomprehensible (a chaque arret, une ou deux places assises se liberent, mais elle ne les prend pas). Auto-ostracisme ?

    Et puis parfois lorsque le bus stoppe dans les villages montent des jeunes femmes qui ont attache dans leurs eblouissantes chevelures ebene des fleurs de jasmin. Elles laissent sur leur passage un doux parfum propice aux reves...


    Pondicherry, 8 aout 2011