Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Aujourd’hui j’ai vu l’homme le plus heureux du monde

     

     

    Il portait barbe blanche et pull gris.
    Sa tête couronnée d’un béret.

    Il était 13h à Vicente Lopez.

    13h d’un dimanche tranquille.

    D’un dimanche de soleil absolu.

    Le vieil homme était sur un vélo, pédalant les yeux fermés, le visage tendu vers le soleil, les bras grands ouverts.
    Corps en offrande. Corps réceptacle.

    Empli de cette confiance qu’ont les bienheureux, de cette paix invincible,

    Qui surgissent parfois au détour d’un chemin.

     

     

    (je me suis dit après coup, qu’il ne faisait peut-être qu’aérer ses aisselles)

  • Après les inondations

    Voilà. De grosses pluies se sont encore abattues sur Buenos Aires et sa province... un peu plus de 50 morts, des dizaines de milliers de sinistrés. A qui la faute ? Au dérèglement climatique ou à l'inconséquence politique ?

     

    **

    Ce soir, dans un bar avec une copine, on a rencontré un Français qui était né à Couzeix, avait ensuite vécu à Arras, avant que ses parents ne s'installent à Châtellerault.

    87-62-86. Ca vous rapelle rien ? (on dirait presque des mensurations !)

    Parents, je crois qu'on nous espionne.... jaja !

  • Medrano m'a dit

    « Don’t mess up with Ramirez!”

    Ramirez était un gars du quartier, épais, fruste, mais étrangement doué en affaires.
    On le voyait finalement peu, car Ramirez aimait la discrétion. Seule la présence de son nom marquée en grandes lettres sur les camions de sa boîte de déménagement était une manière de clamer au monde « Ramirez est là ! », sous-entendu, « Pas de conneries, vous savez qui est le patron du quartier ! ».

    Le camion de Ramirez.JPG

    Ce jour-là, un dimanche de Pâques, je crois, les rues du coin étaient vides, sans doute la faute à Jésus qui réunissait tout les familles. C’était une belle fin d’été, un temps pour flâner et prendre le pouls du quartier.

    Medrano rues vides.JPG

    Depuis longtemps, les flics avaient déserté ; ça commençait à chauffer sec par ici. Des trafics en tous genres, des deals en plein jour, parfois je me disais que ça serait bientôt un No man’s land…

    Les seuls éclats de joie, c’était les graffitis qui avaient envahi les murs, les façades, et les volets roulants des derniers commerces survivants. En y repensant, je me dis que malgré les rayons du soleil et les couleurs vives des tags, ça puait l’abandon, la désolation.

    Graffitis Salvador.JPG

    Et puis soudain, je suis passé devant la Magnette 1622 de Ramirez. Elle était garée tranquillement, sa peinture écaillée, ses sièges défoncés, attendant la prochaine virée. Je crois que Ramirez ne la sortait que tard le soir pour des tournées incognito (incognito, la magnette, mon œil !), bon, en tout cas, nocturnes… Autant dire qu’à l’heure de la Magnette, y’avait déjà pas mal de Fernet dans le sang du bonhomme et il n’avait pas l’alcool tendre. Ça, non. Ramirez, tu l’aurais vu s’énerver, t’en aurais chié dans ton froc. Des éclats de voix qui faisaient vibrer les murs et les fenêtres, des rictus à effrayer jusqu’au diable, et cette main lourde énorme serrée qui s’écrasait dans un fracas épouvantable sur une table, quand ce n’était pas contre un visage effaré.

    Magnette de Ramirez.JPG

    Et quelques pas plus loin gisait le 7 de trèfle… oh que ça sentait pas bon… Une carte égarée, et Ramirez qui était un joueur de poker, un vrai, une vieille passion qui lui était venue d’un oncle émigré. Une carte ne s’abandonne pas. A côté, une carte de visite écrite en chinois... La signature d'un crime ?

    7 de trèfle.JPG

    J’avançais doucement, jusqu’aux maisons-sœurs, « las casas hermanas ». Ramirez y avait un de ses sièges, et plusieurs de ses maîtresses. Bientôt, je jetais un œil à travers la porte du 1368, et là : la mare de sang. En deux temps, trois mouvements, je passais mon chemin.

    Casas hermanas.JPG

    Des images se bousculaient devant mes yeux et des mots dans ma tête, un nouveau gang, la fin d’une époque, des douleurs plus grandes, des angoisses, la pétoche qui ne vous lâche pas… Dans la vitrine d’un vendeur de fruits, je voyais des avis de décès. Au milieu des noms, deux ou trois gars que Ramirez avait descendus récemment au cours d’un règlement de compte. Dans 1 jour ou deux, ça serait le sien.

    Avis de décès.JPG

    Je me sentais raide, comme si une gueule de bois m’était tombée dessus. J’ai continué à avancer, mécanique, inconscient. Au jardin botanique, je me suis arrêté devant le couple d’amants : à l’homme, on avait arraché la main, à la femme le bras.

    Amants du jardin botanique.JPG

    Dans la serre, tout était moisi mais les plantes continuaient de pousser.

    Dans la serre.JPG